De la poudre aux yeux

Ce soir, une amie me pose enfin la question que j’attendais depuis longtemps : elle veut savoir comment je vais. Et là, j’ai envie de balancer toute la vérité : comment j’ai peu apprécié cette journée, qu’à part une heure où j’ai bossé cette journée a été totalement inutile et inexistante sur la carte des journées de ma vie (une journée de plus dans le désert passé de ma vie…). Envie de me plaindre et de réclamer de la voir, de passer du temps avec elle, avec n’importe qui car je me sens seule, que mon seul réconfort est de me peinturlurer les ongles dans des couleurs improbables et que mon chat est mon meilleur partenaire de glande et de sourire (d’ailleurs il suffit de nous voir lui et moi pour savoir qu’on fait parti de la même famille vu à quel point on se ressemble).

Bref, c’est n’importe quoi dans ma tête. Un beau n’importe quoi. J’ai hâte de tellement de choses et le pire c’est que je sais que dans moins d’une semaine et demi mes examens seront passés… et je les aurais sûrement loupés. Il est dur de s’investir dans quelque chose à laquelle on ne croit qu’à moitié, comme il est difficile pour moi en ce moment de prendre conscience de beaucoup de choses à propos de ma personnalité. J’ai l’impression que la personne, que j’étais dans le cercle fermé de ma famille et des amis très proches, est maintenant partout. Je suis cette personne partout. J’avais fini par croire que j’étais trop gentille, adorablement muette, à fermer ma bouche et à être toujours présente pour les autres. Et finalement, depuis l’année dernière, depuis l’incident, je suis devenue totalement… moi-même. Et je sais que ce n’est pas une mauvaise chose, mais je ne sais pas non plus si c’est réellement une bonne chose. C’est comme si cet incident avait déclenché quelque chose en moi d’improbable et que maintenant je ne savais pas quoi faire de cette chose.

 

Tout plein de choses à intégrer pour mon cerveau assez… indépendant.

Le mois de septembre est arrivé trop vite, sans prévenir. J’ai été surprise hier de retrouver ses prémices au sol des arbres, comme si j’avais raté un épisode alors que je savais très bien que le mois d’août était terminé.

J’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose, oublié un fait dans le panorama ou avoir eu une amnésie spécifique. J’aimerais penser et éprouver « doesn’t care, doesn’t know » et j’aimerais le croire. Enfin, j’aimerais surtout ne pas éprouver ce que je ressens, cette tache immense sur l’année qui vient de s’écouler, cette année où j’ai été réellement moi dans mes qualités comme dans mes excès, et finalement, ne me retrouver qu’avec quelques miettes entre les mains et ne pouvoir être un peu fière de quoi que ce soit sur cette année écoulée.
J’ai même envie d’être vulgaire et de dire bullshit. Bullshit sur ma vie et sur ce que je ressens et qui me paralyse actuellement.
F****** days.