De la poudre aux yeux

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Posted on: octobre 11, 2012

Je finis par me demander si je n’ai pas moi-même fermé le contact à l’extérieur. J’ai passé beaucoup de temps enfermée l’année dernière, et cet été pour réviser. Je ne sortais que pour voir les gens que j’appréciais, et je n’ai globalement pas rencontré de nouvelles personnes sauf dans des cadres restreints ou des personnes ayant la même passion que moi.

Et je me rends compte qu’après deux ans de célibat, l’effort demandé pour aller vers un garçon me semble énorme, comme paralysant. Serait-ce l’accumulation de toutes ses obligations nouvelles auxquelles je dois me soumettre qui me bloquent actuellement ?

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J’aimerais être entourée de mes chats, un sur le lit, un autre sur le radiateur et le dernier endormi sur ma chaise (ou même par terre). Etre entourée d’eux pour me sentir moins seule, et moins bizarre. Comme d’être malade depuis deux semaines en ayant les intestins totalement retournés certaines soirées et nuits. Ou alors penser que je suis totalement en dehors d’une route normale, que ma vie est déjà particulière, mais que les choix qui s’imposent dans le futur ne seront pas ceux qui me raviront le plus.

Je me sens seule, enfin non pas seule. J’ai passé la soirée avec une amie, à parler de tout et de rien, à évoquer notre passion commune, à raconter les derniers potins de notre univers, et à rigoler de petites âneries. Mais quelque part, je sais que je n’ai pas de partage du moi intime que je suis réellement. Je sais que je pourrais m’en ouvrir à un thérapeute, lui conter mes petits malheurs et ma vision extra-intra de ma vie. Je pourrais lui dire tout cela, et espérer me sentir un peu moins en dehors de ce qui pourrait être une pseudo normalité pour moi. Mais non, je n’ai pas envie d’aller consulter, d’aller parler à quelqu’un qui ne me jugera peut être pas mais dont je serai assez idiote pour penser que cela pourrait me faire aller mieux, et me faire progresser positivement dans la vie.

La vérité, c’est qu’il y a un peu plus d’un an, après une fin d’année catastrophique où j’avais pleuré plus que de raison, ma famille s’est effondrée autour de moi. J’ai passé une semaine à ne pas réussir à dormir, à avoir les yeux grands ouverts et le cerveau fonctionnant beaucoup trop vite. J’ai pensé, pensé, j’ai fait parler mes parents, mon père, ma mère encore et encore. J’ai tenté de colmater les brèches, d’ouvrir de la parole et de protéger le petit être blessé dans notre famille. J’ai arrêté de m’empiffrer, j’ai perdu du poids. J’ai entamé un nouveau sport qui a révolutionné ma vie et m’a fait traîner dans un univers beaucoup trop féminin pour mon propre bien. J’ai évolué. Dans le bon sens en quelque sorte. J’ai tiré un trait sur un garçon qui avait habité mon coeur pendant plus de dix ans, j’ai tiré un trait brutal mais nécessaire car il était allé trop loin. Tout bascule si facilement quand le monde autour de vous se bouscule à vous briser en des milliers de pièces.

Tout a brutalement changé. Et j’en suis ressortie plus forte, et maintenant il faudrait un ouragan pour me faire tomber même s’il m’arrive de pleurer à de rares occasions.

Je ne suis plus en mode « drame ». Je suis en mode vie, une vie altérée comme je l’ai toujours mené, à ne jamais dormir correctement – trop puis pas assez, puis pas du tout -, à avoir des horaires décalés, à dépendre de mes parents, à me lancer à corps perdu dans l’apprentissage d’un sport pour lequel je n’aurais jamais osé imaginé me passionner un jour.

 

Tout cela est tellement différent, tellement habituel, tellement moi.

C’est peut être parce qu’aujourd’hui j’arrive à un croisement de ma vie d’adulte. A ce croisement où je vais devoir financièrement m’assumer et que j’ai pris la décision de trouver l’amour, de rompre le célibat dans lequel je baignais depuis si longtemps. Et alors, de nouvelles/anciennes autres questions ont jailli, et il semble alors sans fin ce questionnement.

Et le mal de ventre reprend.