De la poudre aux yeux

Archive for septembre 2012

Regarder la vidéo d’un mariage, d’un très joli mariage, de belles images, de l’émotion : la mariée émue aux larmes avant d’arriver dans l’allée qui la mènera à son futur : son mari en devenir.

Regarder la vidéo de cet homme dont j’ai rêvé cette nuit, regarder cette vidéo et se souvenir de mon coeur qui battait tellement fort lorsque je le croisais à l’école, se souvenir d’avoir été sa voisine de classe. Se rappeler sans cesse de cet amour, de cet amour qui n’a fait que murir sans cesse dans mon imagination depuis son arrivée en CE2 dans ma classe. Tout ce temps que l’on avait passé ensemble jusqu’à la fin du lycée, son sourire, sa voix, … tout cela. Et le fait que quoi qu’il arrive, même si je ne connais pas l’adulte qu’il est devenu, il restera mon premier amour.

 

Le premier, il restera, pour toujours.

Comment écrire pour parler de cet amour ancien qui me dévore lorsque je suis endormie ? Comment raconter cela à celui qui fait battre mon coeur quand mes yeux sont clos ? Comment lui dire cela alors qu’il vient de se marier, qu’il vit sur un autre continent et que je ne l’ai pas vu depuis plus de douze ans ?

 

C’est curieux de rêver de lui, encore une fois, dans un contexte totalement différent où je ne fais que communiquer avec lui par écrit et où je reçois toute son attention jour après jour. Je retrouve sa gentillesse, et je suis comblée à la lecture de ses mots.

Comment lui évoquer mon amour intact pour ce garçon que j’ai connu enfant ? cet enfant qu’il n’est plus, cet adulte que je ne connais pas.

 

Des rêves qui me font du bien, et puis, une fois les yeux ouverts, des questions se posent. Tous ces hommes qui ont parcouru ma vie, et qui m’ont changée et faite évoluer : je les rêve encore, je les attends, les espère. Mais, ce ne sont que des hommes qui ont croisé ma vie, ils n’ont pas eu réellement d’existence réelle dans ma vie, ils ont habité mon imaginaire et fait espérer d’autres espoirs dans ma vie. Et autant cela m’a permis d’avancer dans la vie, autant cela me blesse aujourd’hui ces rêves qui ne sont que des illusions qui me font plaisir dans la nuit.

Ils ne sont que des hommes de papier, je les ai plus écrit que goûté.

Danser à 5 heures du matin, ça dérange quelqu’un ? Pas moi.

Mon cerveau s’est arrêté depuis hier soir. J’aurais voulu qu’on m’offre une journée différente aujourd’hui. J’aurais voulu m’offrir une journée différente, ne serait-ce qu’aller me promener dehors avec ou sans mon père, flâner sans but et discuter de choses sans importance.

Je repense à de vieilles choses, à cet amoureux que j’aimais profondément, je me débrouillais toujours pour être coiffée différemment à chaque fois que j’allais le revoir. Je repense à toutes ces choses que je faisais et que je ne fais plus maintenant. Je revois cette jeune fille passionnée et vivante, qui s’enthousiasmait d’une joie intérieure palpitante. Du Bonheur à l’état pur, du Bonheur juste pour moi, cette excitation qui me faisait sautiller partout comme une enfant.  Cette fille qui passait des heures à danser, seule chez elle, sans se soucier une seule seconde d’avoir l’air ridicule.  Cette fille qui déjà, avait des problèmes de sommeil.

 

Ne suis-je condamnée qu’à être moi-même ? une version plus calme et édulcorée sans espoir qu’un jour je sois plus dans la vie et moins dans la réflexion ?

Une fille qui ferait le deuil de sa gentillesse et de sa méchanceté.

Une fille différente, mais qui serait toujours moi.

 

Comme une journée qui n’a pas existé, une trop bonne journée et cette impression de n’avoir rien fait pour mes examens aujourd’hui. Et pourtant c’est faux, mais je ne crois pas avoir su montrer quoi que ce soit à moi-même. J’étais contente dans la journée, puis avec mon cours de sport et mes copines que j’ai retrouvé et cette bonne ambiance, les sourires, les papotages… et cette fatigue physique qui vient après tous ces efforts : un bonheur. Mon corps avait oublié la sensation des muscles qui ont travaillé, j’avais oublié la sensation de mes muscles qui ont travaillé.

Les liens entre les gens m’ont toujours passionnés, et j’ai toujours eu besoin plus que de raison de me lier aux autres. Ce besoin s’accentue en période de stress, j’ai besoin de voir, de parler, d’être entourée. Comme si en étant entourée, tout allait s’arranger par soi-même alors que fatalement, je finis à un moment par me retrouver seule, à penser à tout ce que je fais clocher dans ma vie.

 

Ce soir, une amie me pose enfin la question que j’attendais depuis longtemps : elle veut savoir comment je vais. Et là, j’ai envie de balancer toute la vérité : comment j’ai peu apprécié cette journée, qu’à part une heure où j’ai bossé cette journée a été totalement inutile et inexistante sur la carte des journées de ma vie (une journée de plus dans le désert passé de ma vie…). Envie de me plaindre et de réclamer de la voir, de passer du temps avec elle, avec n’importe qui car je me sens seule, que mon seul réconfort est de me peinturlurer les ongles dans des couleurs improbables et que mon chat est mon meilleur partenaire de glande et de sourire (d’ailleurs il suffit de nous voir lui et moi pour savoir qu’on fait parti de la même famille vu à quel point on se ressemble).

Bref, c’est n’importe quoi dans ma tête. Un beau n’importe quoi. J’ai hâte de tellement de choses et le pire c’est que je sais que dans moins d’une semaine et demi mes examens seront passés… et je les aurais sûrement loupés. Il est dur de s’investir dans quelque chose à laquelle on ne croit qu’à moitié, comme il est difficile pour moi en ce moment de prendre conscience de beaucoup de choses à propos de ma personnalité. J’ai l’impression que la personne, que j’étais dans le cercle fermé de ma famille et des amis très proches, est maintenant partout. Je suis cette personne partout. J’avais fini par croire que j’étais trop gentille, adorablement muette, à fermer ma bouche et à être toujours présente pour les autres. Et finalement, depuis l’année dernière, depuis l’incident, je suis devenue totalement… moi-même. Et je sais que ce n’est pas une mauvaise chose, mais je ne sais pas non plus si c’est réellement une bonne chose. C’est comme si cet incident avait déclenché quelque chose en moi d’improbable et que maintenant je ne savais pas quoi faire de cette chose.

 

Tout plein de choses à intégrer pour mon cerveau assez… indépendant.

Le mois de septembre est arrivé trop vite, sans prévenir. J’ai été surprise hier de retrouver ses prémices au sol des arbres, comme si j’avais raté un épisode alors que je savais très bien que le mois d’août était terminé.

J’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose, oublié un fait dans le panorama ou avoir eu une amnésie spécifique. J’aimerais penser et éprouver « doesn’t care, doesn’t know » et j’aimerais le croire. Enfin, j’aimerais surtout ne pas éprouver ce que je ressens, cette tache immense sur l’année qui vient de s’écouler, cette année où j’ai été réellement moi dans mes qualités comme dans mes excès, et finalement, ne me retrouver qu’avec quelques miettes entre les mains et ne pouvoir être un peu fière de quoi que ce soit sur cette année écoulée.
J’ai même envie d’être vulgaire et de dire bullshit. Bullshit sur ma vie et sur ce que je ressens et qui me paralyse actuellement.
F****** days.